La Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France propose un cycle de conférences mensuelles d'octobre à juin, et des visites d'expositions ou de sites.

Certaines activités de ses partenaires (Société des amis des archives de France, séminaires de recherche...) sont également ouvertes à ses membres.

ATTENTION !! Le cycle de conférences 2018-2019 aura lieu à l'Institut de recherche et d'histoire des textes (IRHT), salle J. Vieillard, 40 avenue d'Iéna, 75116 Paris (Métro Iéna), toujours à 17h30.

 

 

 

jeudi 10 janvier 2019, à 17 h 30

L’image de Paris et de l’Île-de-France au Moyen Âge (fin XIIe-début XVIe siècle)

par Judith FÖRSTELconservateur du patrimoine au service Patrimoines et Inventaire,  Région Île-de-France

Dans le cadre d’une thèse de doctorat d’histoire soutenue en Sorbonne en décembre 2017, sous la direction du professeur Olivier Mattéoni, j’ai essayé de mettre en lumière les éléments constitutifs de l’identité parisienne et francilienne, tels qu’ils apparaissent dans les sources littéraires (chroniques, poésies, éloges de ville, récits de voyage…), depuis le règne de Philippe Auguste jusqu’à celui de François I er . Comment appelait-on cette région au Moyen Âge ? D’où vient ce mystérieux nom d’« Île-de-France » ? Quelles étaient ses spécificités aux yeux des écrivains médiévaux ? Comment ont-ils rendu compte des liens étroits qu’entretenait Paris et ses environs, sur les plans économique, administratif ou militaire ? Au fil des dépouillements, se construit l’image d’une région bien particulière, qui jouissait d’un réel prestige.

 

jeudi 14 février 2019, à 17 h 30.

Frédéric JIMENO, docteur en histoire de l’art, Secrétariat général du Comité d’histoire de la Ville de Paris

 Les monuments aux morts de la Grande Guerre. Un hommage des Parisiens à leurs enfants

La fin de la Première Guerre mondiale a laissé une profonde empreinte dans le paysage parisien. D’innombrables monuments aux morts ont en effet été édifiés, recensant les noms des tombés pour la France. Actuellement, près de 350 monuments sont recensés, réalisés par les institutions publiques, privées et religieuses depuis 1918. Ces monuments témoignent bien sûr de la nécessité d’honorer la mémoire des 95 000 Parisiens victimes des combats. Mais par leur diversité, de l’arc de triomphe monumental construit pour l’École Centrale à la simple feuille manuscrite sobrement encadrée de Saint-Nicolas des Champs, ils témoignent de l’adaptation des artistes à des situations parfois complexes.

 

 

Jeudi 14 mars 2019, à 17 h 30

Carole CHRISTEN, maîtresse de conférence en histoire contemporaine à l’université de Lille III

Les cours pour les ouvriers adultes à Paris, 1815-1870

Le XIXe siècle peut être qualifié de siècle pédagogique. Ses contemporains ont fait de la question éducative, et plus particulièrement de celle de la scolarisation des enfants du peuple un enjeu social et politique majeur. Mais celle des adultes, en particulier les ouvriers, occupe aussi une place importante comme l’attestent les nombreux cours du soir ouverts à Paris dans cette période 1815-1870 qui se caractérise par l’élargissement de la souveraineté populaire et l’expansion industrielle. Les philanthropes, ingénieurs et manufacturiers veulent par ces cours former les travailleurs et les acculturer aux nouvelles valeurs bourgeoises et libérales, tandis que les réformateurs sociaux et les ouvriers cherchent dans ces cours un moyen d’émancipation.

 

 

jeudi 11 avril 2019, à 17h30

Isabelle ABADIE, archéo-anthropologue à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP)

La fouille du cimetière de l’hôpital de la Trinité

 Une partie du cimetière de l'hôpital de la Trinité à Paris a fait l'objet d'une fouille archéologique en 2015. Découverte inédite au sein de la capitale, cette intervention apporte de nouvelles données archéo-anthropologiques sur un ensemble hospitalier médiéval et moderne parisien. Elle offre également l'opportunité de confronter ces informations aux sources anciennes écrites et cartographiques relatives à cet établissement d'accueil et de soins. Bien que l'étude du site soit en cours, nous proposons de présenter les premiers résultats disponibles dans le cadre de cette conférence.

 

 

 

 

jeudi 9 mai 2019, à 17h30

Youri CARBONNIER, maître de conférence en histoire moderne à l’Université d’Artois

Les cloîtres de Paris au XVIIIe siècle : diversité des enclos canoniaux au cœur de Paris.

 Au siècle des Lumières, Paris compte une vingtaine de "cloîtres", qui sont des enclos ecclésiastiques, conventuels ou séculiers, regroupant, autour d'une église, un certain nombre de bâtiments d'habitation. Conçus au départ pour abriter les chanoines ou les religieux, la plupart sont devenus des logements baillés à des personnes extérieures à la communauté. Le plus vaste, le cloître de Notre-Dame, est paradoxalement encore assez méconnu. Après une présentation générale des cloîtres du centre de Paris, le propos sera centré sur l'enclos cathédral, en présentant d'abord sa topographie et les caractéristiques de ses maisons, originales à plus d'un titre au cœur de la capitale, puis en s'attachant à ses habitants. La foule attendue des chanoines, des bénéficiers et des employés de la cathédrale y est en effet complétée par des laïcs qui semblent y chercher une quiétude qui a depuis longtemps déserté les environs immédiats.

 

jeudi 13 juin 2019, à 17h30

Boris Bove, maître de conférence à l’Université de Paris 8 - Saint-Denis

Y a-t-il des hôtels aristocratiques à Paris au Moyen Age ?

 On sait que les gens de cour sont nombreux à Paris au XIVe siècle, mais on connaît mal leur habitat, dont les vestiges sont rares (tour Jean sans Peur, porche de l'hôtel de Clisson, hôtels de Sens et de Cluny) et les représentations plus rares encore. On qualifie ces demeures "d'hôtels aristocratiques" par analogie avec les "hôtels particuliers" du XVIIIe siècle, mais l'analogie est trompeuse car une mise en série de biographies d'hôtel montre qu'il n'existe pas d'archétype architectural pour les résidences des gens de cour, pour lesquels on trouve plutôt une typologie variée, de la maison de ville au palais, pas toujours en rapport avec le statut du propriétaire d'ailleurs. Ils participent de la renommée de la ville mais ces hôtels, fermés à la ville et situés dans les angles morts du tissu urbain, ne sont pas perçus par les Parisiens comme des monuments.