La Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France propose un cycle de conférences mensuelles de septembre à juin et des visites d'expositions ou de sites, sur des sujets variés relatifs à l'histoire parisienne et de l'Ile-de-France

Certaines activités organisées par nos partenaires (Société des amis des archives de France, séminaires de recherche...) sont également ouvertes à nos membres.

Certaines conférences donnent lieu à publication dans le Bulletin.

 Les cycles de conférences ont lieu aux Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier, 75019 Paris (M° et Tram Porte des Lilas, bus 61, 64, 69, 96), le mardi à 15h30 (sauf exception).

INSCRIPTION OBLIGATOIRE au plus tard le vendredi précédant la conférence

 

Mardi 8 février 2022, à 17h (en visioconférence via Zoom)

Ralph SCHOR, Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Nice – Sophia Antipolis

Le Paris des écrivains américains. 1919-1939. La « génération perdue »

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, de nombreux écrivains américains affluèrent à Paris. Parmi ces quelque 200 artistes figuraient des jeunes qui accédèrent ensuite à la notoriété, ainsi Ernest Hemingway, Scott Fitzgerald, Henry Miller, John Dos Passos, Ezra Pound, Anaïs Nin... Ce groupe fut nommé la "génération perdue". Cette perte était subie par les États-Unis que tous critiquaient plus ou moins. Ils reprochaient à leur patrie sa jeunesse vue comme un facteur de superficialité culturelle, son matérialisme, son intolérance synonyme d'ordre moral, son puritanisme, son racisme dans le cas des noirs victimes de la ségrégation.

Tous les écrivains américains se réjouissaient de trouver à Paris les témoignages d'un passé prestigieux, une vie artistique et littéraire intense, une grande liberté en matière d'idées et de mœurs, liberté dont ils jouirent parfois jusqu'à la licence et à d'audacieuses transgressions. Ils entretinrent une très riche vie de relations dans les cafés de Montparnasse, les rues du Quartier latin, les librairies comme Shakespeare and Compagny de Sylvia Beach, les salons tels ceux de Natalie Barney et de Gertrude Stein. Ils trouvèrent à Paris des sources d'inspiration originales, définirent de nouvelles manières d'écrire, prirent conscience de leur identité profonde. Pour chacun l'exil se révéla fondateur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mardi 8 mars 2022, à 15h30 (Archives de Paris, Salle Verlaine)

Hugo REGAZZI, doctorant, université Paris 1, Panthéon-Sorbonne

La justice seigneuriale de l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris au tournant du XIVe siècle

De nombreux contentieux surviennent entre les différentes justices en activité à Paris entre la seconde moitié du XIIIe siècle et le début du XIVe siècle. Y cohabitent alors la justice royale avec une multitude de justices seigneuriales et la délimitation territoriale de ces juridictions peut parfois être à l’origine de conflits opposant aussi bien justices seigneuriales entre elles, que justices seigneuriales et justice royale. Ces contentieux peuvent notamment être observés dans un nouveau type de documentation judiciaire apparaissant à la même époque à Paris et destinée à justifier les droits de haute justice détenus par certains seigneurs.

À travers l’exemple du manuscrit 640 de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, dit « Livre de justice de l’abbaye Sainte-Geneviève », cette conférence permettra de présenter ce nouveau type de documentation et les enseignements que l’on peut en tirer quant au fonctionnement de la justice seigneuriale d’un grand établissement ecclésiastique parisien au tournant du XIVe siècle.

NOTA. La conférence sera précédée, à 14h, de l'Assemblée générale de la SHPIF. Venez nombreux participer à ce moment important de la vie de la Société et nous faire part de vos avis, souhaits et attentes ! Si vous ne pouvez vous déplacer, il est possible d'envoyer une procuration par mail ou par courrier.

Mardi 29 mars 2022, à 15h30 (Archives de Paris, Salle Verlaine)

Emmanuelle RETAILLAUD, professeure d'histoire contemporaine à l'IEP de Lyon, Sciences Po Lyon

La Parisienne, histoire d’un mythe (18e-21e siècle)

Mythe, idéal, cliché, stéréotype ? « La Parisienne » est un peu de tout cela à la fois : son singulier et sa majuscule laissent entendre qu’il ne s’agit pas seulement, à travers elle, des femmes de Paris, mais bien d’une représentation idéalisée et stylisée. Ses racines sont anciennes, sa légende est toujours vivace : tout le monde a sa petite idée de ce qu’est cette Parisienne, toujours mobilisée par la presse de mode ou les guides touristiques. Pourtant, son image a muté au fil du temps et n’a pas toujours été aussi positive qu’on pourrait le croire.

Cette conférence aura pour objet de répondre à des questions simples mais riches d’implications : depuis quand évoque-t-on la Parisienne ? De quoi est-elle le nom ou le symbole ? Pourquoi est-elle consubstantielle au mythe de Paris ? Et pourquoi n’a-t-elle pas de véritable pendant masculin, même si on évoque ici et là le Parisien ? De la Parisienne de Rousseau à celle d’Inès de la Fressange, ce parcours historique est aussi un parcours en images, tant il est vrai qu’autour d’elle s’est élaborée une riche iconographie.

Mardi 10 mai 2022 CONFERENCE ANNULEE

Élise VANRIEST, Élève conservatrice du Patrimoine, Institut national du Patrimoine - Institut national des études territoriales

Verre et verriers à Paris dans la seconde moitié du XVIe siècle, 1547-1610

L’industrie verrière se développa considérablement en région parisienne à partir du début du règne de Henri II en 1547 et jusqu'à la fin du règne de Henri IV en 1610. Ce développement est notamment étroitement lié à l’arrivée de verriers italiens qui apportent en France leur style et leur savoir-faire et mettent leurs compétences au service des monarques français. L’histoire verrière de la région ne se limite cependant pas à l’influence italienne. Deux métiers du verre s’organisèrent à Paris à cette époque : celui des patenôtriers d’émail et de verre (fabricants de perles de verre) et celui des marchands verriers. Le verre prit par ailleurs, au XVIe siècle, une place plus importante sur les tables des Parisiens modestes ou fortunés. On trouve des objets de verre aussi bien dans l'atelier de l'apothicaire que dans la trousse du médecin. Il s'agira donc dans cette conférence d'évoquer les différents métiers du verre à Paris, la typologie des objets les plus répandus, leur commerce ainsi que les grandes collections de verre parisiennes de la Renaissance.

mardi 14 juin 2022, à 15h30 (Archives de Paris, salle de conférences)

Marie-Françoise LIMON-BONNET, conservateur général du patrimoine, responsable du Minutier central aux Archives nationales

Que sait-on des notaires de Paris et de leurs archives aujourd’hui ? Quelques études de cas appliquées aux XVIe-XIXe siècle

Le Minutier central des notaires de Paris, équipe responsable des archives produites par les notaires de la capitale – archives qui, pour les plus anciennes, remontent à la fin du XVe siècle - s’efforce d’accumuler les connaissances et les instruments de recherche permettant de mieux entrer dans les actes notariés, notamment depuis plusieurs années, au travers de la Salle des inventaires virtuelle des Archives nationales dont les contenus s’enrichissent régulièrement. En parallèle, Marie-Françoise Limon-Bonnet s’efforce aussi d’accumuler les connaissances sur les notaires eux-mêmes, dans l’idée de livrer un jour un dictionnaire prosopographique. Ce sont les premiers résultats de cette enquête qui seront présentés au travers de quelques études de cas portant sur des individus, des dynasties et des offices notariaux.