La Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France propose un cycle de conférences mensuelles de septembre à juin et des visites d'expositions ou de sites, sur des sujets variés relatifs à l'histoire parsienne et de l'Ile-de-France

Certaines activités organisées par nos partenaires (Société des amis des archives de France, séminaires de recherche...) sont également ouvertes à nos membres.

Certaines conférences donnent lieu à publication dans le Bulletin.

 Le cycle de conférences 2021-2022 a lieu aux Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier, 75019 Paris (M° et Tram Porte des Lilas, bus 61, 64, 69, 96), le mardi à 15h30 (sauf exception).

INSCRIPTION OBLIGATOIRE au plus tard le vendredi précédant la conférence

 

Mardi 28 septembre 2021, à 15h30 (en présenciel, Archives de Paris, Salle Verlaine)

Nicolas VIDONI, maître de conférences en histoire moderne, AMU-Telemme (UMR 7303)

La Police des Lumières : espace urbain, police et politique

L’historiographie a longtemps lu les évolutions policières au prisme de l’évolution de la monarchie. La création de la Lieutenance générale de police en 1667 était vue comme la manifestation d’une autorité royale sans opposition dans la capitale du royaume. Paris serait dès lors propre, sûre, et pourrait refléter la grandeur universelle du monarque.

À partir des acquis de l’histoire sociale des polices, attentive aux individus, aux pratiques et aux cultures professionnelles, la réalité du contrôle social peut être questionnée. La Lieutenance générale de police a dû, tout d’abord, justifier son action et imposer une nouvelle forme de régulation des désordres urbains davantage attentive à l’espace urbain matériel.

Elle a ainsi redécoupé la ville en quartiers pour permettre un meilleur nettoyage et un meilleur contrôle des activités dans les rues. Cette nouvelle forme de police a impliqué des expérimentations en termes de contrôle de l’espace, de contrôle des échanges, des usages des rues, etc. Ces dernières ne sont pas allées de soi et ont suscité des adhésions ou des résistances au sein de la population, au point d’être remises fortement en cause en 1789-1790.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mardi 19 octobre 2021, à 15h30 (Archives de Paris, Salle Verlaine))

Linnéa ROLLENHAGEN TILLY, maîtresse de conférences associé à l'ENSA - Paris La Villette, chercheure associée des laboratoire AUSser et HISTARA

Savoir bien bâtir. Circulations et savoirs théoriques et pratiques entre Paris et Stockholm. Les collections et l'œuvre de Carl-Johan Cronstedt

L’attirance des cours européennes pour Paris et la diffusion de l'art de construire à la française à partir du XVIIe siècle est un fait établi. La Suède comptait parmi les pays les plus francisés dans l’Europe moderne et les échanges franco-suédois furent très fructueux, ce dont témoignent notamment la collection de dessins, la bibliothèque et l'œuvre de l'architecte suédois Carl-Johan Cronstedt (1709-1777). Son séjour parisien dans les années 1730 eut une empreinte considérable sur sa vision de l'architecture et la production de la surintendance des bâtiments de Suède dès le milieu du XVIIIe siècle.

Mardi 30 novembre 2021, à 15h30 (Archives de Paris, Salle Verlaine)

Alexandre FRONDIZI, chercheur post-doctoral à l’université de Neuchâtel


Paris hors les murs. Pistes pour une nouvelle histoire de l'agglomération capitale au XIXe siècle


Cette conférence proposera le bilan d'une recherche en cours sur une histoire du Grand Paris pré-haussmannien.

L'histoire de la capitale du XIXe siècle, l'histoire de son urbanisation, l'histoire de ses révolutions ou encore l'histoire de sa population et de ses mobilités prennent en effet un nouveau visage dès lors qu'on accepte de ne pas les réduire aux frontières officielles de Paris. Elles esquissent dès lors une ville moins en crise qu'on ne l'a longtemps prétendu, une ville qui réussit à faire face à sa puissante croissance démographique et industrielle, une ville façonnée par des habitants et des habitantes qui ne cessent de percer ses murs.

Mardi 18 janvier 2022, à 15h 30 (Archives de Paris, Salle Verlaine)

Guillaume NAHON, conservateur général du patrimoine, directeur des Archives de Paris


La Campagne embourgeoisée. L’habitat de plaisance à Charonne, 1650-1850. »


Comme de nombreuses paroisses de la banlieue, le village du Grand Charonne est un lieu de villégiature prisé des élites parisiennes dès le Moyen Âge. Le phénomène est bien documenté à partir du XVIIe siècle et les sources des XVIIIe et XIXe siècles permettent de le mesurer avec précision. Il atteint son apogée à la fin de l’Ancien Régime.

« La situation de ce village sur la pente d’un coteau fait que l’on y voit de jolies maisons de campagne », dit Thiéry dans son Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, publié en 1787. On y dénombre alors près d’une trentaine de maisons qui, avec leurs jardins clos, occupent la majeure partie de l’agglomération villageoise. Le plus souvent construites sur des parcelles initialement destinées à l’habitat et à l’exploitation agricoles, elles disparaissent progressivement à partir de la Révolution, à la faveur d’un mouvement que l’on pourrait qualifier de « reconquête horticole ».