RAPPEL : Les cycles de conférences ont lieu aux Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier, 75019 Paris
(M° et Tram Porte des Lilas, bus 61, 64, 69, 96), le mardi à 15h30 (sauf exception).
Bruno NARDEUX, Docteur en histoire médiévale
Un pays normand dans l’orbite de Paris au Moyen Âge : la forêt de Lyons (XIIIe - XVe siècles)

L’histoire médiévale de la forêt de Lyons, située aux confins de la Normandie face à l’Île-de-France ne laisse pas de surprendre. Cet ancien domaine de chasse des ducs de Normandie et des rois d’Angleterre où alternent futaies et taillis, landes et champs cultivés n’est pas tombé dans l’oubli en 1204. Bien au contraire, la conquête du duché par les Capétiens offre à la forêt de Lyons un nouvel âge d’or. Alors que l’administration royale transforme au XIIIe siècle cette forêt mosaïque en un pays de cocagne réputé pour ses grandes chasses à courre, son haras royal, ses verreries et ses viviers abondants, Philippe le Bel décide d’y établir un véritable système résidentiel. Un nouvel écosystème naît alors aux confins de l’Île-de-France où la société de cour qui suit le roi à chacun de ses séjours en forêt de Lyons - 70 repérés par exemple entre 1286 et 1328 - compte désormais plusieurs Lyonsais. Des grands veneurs, des maîtres des Eaux et Forêts, des chambellans et un même un favori du roi, en la personne d’Enguerrand de Marigny aussi actifs en Lyons qu’à Paris où en Île-de-France…
illustration publiée avec l'aimable autorisation de Boris Bove
Pierre Emile RENARD, président du Désert de Retz, Jardins des Lumières et vice-président d’Histoire des Yvelines
Le Désert de Retz, une histoire de 250 années

Le Désert de Retz situé à Chambourcy à l’orée de la forêt de Marly est un jardin anglo-chinois de la fin du XVIIIe qui a subi de multiples et longues vicissitudes. Après une ouverture au public de 1986 à 1995, il est, depuis 2010, de nouveau accessible et sa restauration a repris grâce à l’action de la municipalité.
C’est à la fois l’histoire de la création, du progressif abandon et du sauvetage de ce lieu exceptionnel, classé Monument Historique et Jardin Remarquable qui sera relaté à travers un diaporama très fourni. Le conférencier s’est attaché, depuis plus de 60 ans, à en découvrir l’histoire, à le faire connaître et à accompagner sa renaissance.
Désert de Retz, la colonne détruite. Photo P.-E. Renard
Thierry CLAERR, conservateur général des bibliothèques, responsable de la bibliothèque des Archives nationales et Fabien PLAZANNET, conservateur général de bibliothèques, directeur de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris
Autour de la Danse macabre des Saints-Innocents

Évoquée par le Journal d'un bourgeois de Paris, la Danse macabre des Saints-Innocents est créée en 1424-1425, en plein cœur de la capitale, dans le contexte politique et social dramatique que connaissent alors Paris et la France. Très vite célèbre et reproduite en dehors des frontières du royaume, la Danse macabre connaît soixante ans plus tard une nouvelle popularité lorsqu'à partir de 1485, l’imprimeur parisien Guy Marchant a l'idée de s'en inspirer et de l'adapter dans une version imprimée aussitôt appelée à un grand succès, pour longtemps l'un des best-sellers de la littérature populaire.
Fedor Hoffbauer, reconstitution de la Danse macabre
sous les arcades du cimetière des Saints-Innocents, BHVP, 2-ICO-0369-(01)
Giacomo d'ANDREA, Docteur en histoire de l'art
La tapisserie à l’époque de Charles VII

L’acquisition par le musée du Louvre, en 2010, du Dais de Charles VII, ainsi que l’exposition que le musée de Cluny a consacrée en 2024 aux arts en France sous son règne, ont ravivé l’intérêt pour une période particulièrement féconde de la création artistique.
Cette conférence se propose d’examiner l’art de la tapisserie à l’époque de Charles VII en s’appuyant à la fois sur les sources d’archives conservées et sur les rares œuvres qui nous sont parvenues. Le parcours proposé embrassera les près de quarante années du règne, en mettant en lumière les commandes de la cour comme celles des principautés voisines, et en soulignant la place de la tapisserie au croisement des arts somptuaires et du renouvellement pictural qui marque la dernière saison du gothique.
Tapisserie dite Les cerfs ailés (1453-1461), détail, Rouen, Musée des Antiquités
Florence BOURILLON, professeur émérite de l’UPEC, Laurent COUDROY de LILLE, maître de conférence en géographie à l’École d’urbanisme de Paris (UPEC), Olivier MILLET, professeur émérite à Sorbonne université (lettres)
Les plaques commémoratives dans l’espace public parisien
L’art de l’inscription publique a été renouvelé à la Renaissance d’abord en Italie puis en France. La fondation de l’académie des Inscriptions et Belles Lettres était destinée à le cultiver. Paris est la ville de France qui compte le plus d’inscriptions et de plaques commémoratives dans l’espace public, surtout depuis le XIXe siècle, en lien avec les événements qui s’y sont déroulés et le rôle de capitale mondiale qu’elle a assumé. Les plaques contribuent, en effet, au marquage du paysage et des lieux en donnant à lire et à reconnaître des noms, dates, événements et récits. Un relevé qui a tenté d’être le plus exhaustif possible et la constitution d’un système d’information géographique (SIG) consultable sur le site de la Ville de Paris, devraient conduire à revenir sur cette histoire à la fois matérielle et symbolique de l’espace parisien.

© photos Laurent Coudroy de Lille